Vers une refonte structurelle face au choc des taxes américaines
Le modèle traditionnel vietnamien basé sur la main-d'œuvre bon marché et l'assemblage simple atteint ses limites historiques. Dans un contexte de fragmentation économique mondiale, Hanoï se trouve à une croisée des chemins décisive pour concrétiser son ambition de devenir une économie à haut revenu d'ici 2045. Cette transition exige de surmonter la fin de l'ère de la croissance dite 'facile' en misant désormais sur la productivité globale des facteurs.
En dépit de prévisions de croissance enviables pour 2026, oscillant entre 5,6% selon le FMI et 6,4% d'après la Banque asiatique de développement (ADB), le pays subit de plein fouet une taxe de base de 20% imposée par Washington sur ses exportations. De plus, une surtaxe 'anti-contournement' pouvant atteindre 40% frappe désormais les marchandises suspectées de n'être que de simples assemblages de composants chinois à faible valeur ajoutée.
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Les analystes mettent en lumière les vulnérabilités d'une 'économie à deux vitesses' où les géants de l'investissement direct étranger (IDE) opèrent comme des îlots technologiques isolés. En effet, la valeur ajoutée domestique ne représente que 52% des exportations nationales contre près de 90% dans l'OCDE, tandis que la proportion de PME locales connectées aux chaînes de valeur mondiales a chuté, passant de 35% en 2009 à seulement 18% en 2023.
Pour transformer cette pression américaine en catalyseur de développement, les autorités planifient le déploiement de parcs industriels clés en main exclusivement réservés aux PME nationales. Parallèlement, un vaste plan de refonte du capital humain est initié afin de former une nouvelle génération d'ingénieurs hautement qualifiés, ciblant en priorité le secteur stratégique des semi-conducteurs.