WASHINGTON — Les faits sont têtus, mais la politique a ses propres exigences. Le président américain Donald Trump a déclassifié jeudi des documents confidentiels. Selon lui, ces papiers prouvent une ingérence massive de la Chine dans les élections américaines. Cette sortie spectaculaire réactive ses attaques chroniques contre la sécurité du système électoral. Pourtant, les services de renseignement des États-Unis maintiennent qu'aucune preuve n'atteste une influence de Pékin sur le scrutin de 2020.
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Subscribe Sekarang →Le discours a duré vingt-cinq minutes, à une heure de grande écoute. Donald Trump cherche visiblement à imposer la sécurité électorale au cœur des débats pour les prochaines élections de mi-mandat en novembre. Les républicains y défendent une faible majorité au Congrès. D'après les observateurs, le président traverse une période politique délicate, marquée par l'impopularité de la guerre en Iran et la hausse des prix de l'énergie.
Au cours de son allocution, l'homme de la Maison-Blanche a affirmé que Pékin s'était emparé de 220 millions de fichiers d'électeurs américains. Il a accusé certains membres de la communauté du renseignement d'avoir délibérément étouffé l'affaire. "Les révélations montreront des vulnérabilités choquantes dans notre infrastructure électorale", a-t-il déclaré avec force. Mais la réalité des documents déclassifiés semble dire tout le contraire. L'un d'eux concernait le Venezuela, tandis qu'un autre du renseignement affirmait que les systèmes de tabulation restaient difficiles à manipuler.
Un rapport officiel de 2021, rédigé sous la direction de John Ratcliffe, contredit frontalement les déclarations présidentielles. Ce texte stipule qu'aucun acteur étranger n'a modifié le moindre aspect technique du vote. Deux sources proches du dossier ont d'ailleurs précisé à Reuters que les données évoquées par le président ne sont pas confidentielles. Les consultants politiques les achètent régulièrement de manière légale.
La rhétorique agressive de Donald Trump pourrait fragiliser les relations diplomatiques avec le président Xi Jinping, alors qu'une rencontre est prévue en septembre. À Pékin, le ton est au démenti. Liu Chang, porte-parole de l'ambassade chinoise à Washington, a rappelé avant le discours que la Chine ne s'est jamais ingérée et ne s'ingérera jamais dans les affaires intérieures américaines.
Cette offensive médiatique vise également à faire pression sur le Sénat pour adopter le "SAVE America Act". Ce projet de loi impose une identification stricte des électeurs et restreint le vote par correspondance. Les démocrates y opposent un barrage solide. Selon le sénateur démocrate Mark Warner, les déclarations de Trump ne sont que de la poudre aux yeux. Pendant ce temps, les grands réseaux de télévision américains ont choisi de ne pas diffuser l'allocution, privant le président de sa tribune habituelle.