Une métaphore guerrière du VIIe siècle lue devant Riyad
Alors que Téhéran a orchestré six jours de deuil national après la mort d"Ali Khamenei à 86 ans dans un raid américano-israélien le 28 février dernier, pas moins de 110 pays ont envoyé des représentants. Si l"Occident et les États-Unis ont brillé par leur absence, la venue du vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, Walid Al-Khuraiji, a particulièrement retenu l'attention des observateurs.
Cette visite protocolaire s'inscrit dans un climat de vives tensions régionales, quelques mois après que Riyad a sommé Téhéran de revoir sa stratégie militaire à la suite de frappes répétées contre des bases américaines installées dans le Golfe. C'est pourtant le protocole d'accueil de la république islamique qui a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux lors du recueillement saoudien devant le cercueil.
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Les autorités iraniennes ont en effet choisi de faire réciter par leur qari (lecteur du Coran) le verset 13 de la sourate Al-Imran, qui fait explicitement référence à la bataille de Badr au VIIe siècle. Ce texte sacré oppose deux armées, 'l'une combattant dans le sentier d'Allah, et l"autre mécréante", un choix liturgique largement interprété par les internautes comme un avertissement à peine voilé adressé au royaume saoudien.
Outre ce face-à-face hautement symbolique, les obsèques ont vu défiler d'éminentes figures de l'axe eurasiatique, à l'instar du Russe Dmitri Medvedev ou du haut responsable chinois He Wei. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement taliban afghan, Amir Khan Muttaqi, s'est également déplacé en personne à Téhéran afin de consolider les liens bilatéraux en cette période de transition incertaine.