Une contestation environnementale devenue politique contre Edi Rama
À Tirana, la décision du tribunal a été accueillie par les vivats de dizaines de sympathisants venus réclamer la libération des détenus. Arrêtés pour 'refus d'obtempérer, organisation de rassemblements illégaux et trouble à l"ordre public", deux des prévenus ont été assignés à résidence et douze autres soumis à un contrôle judiciaire strict, tandis que cinq ont vu les charges pesant contre eux totalement abandonnées.
Ce coup de filet fait suite aux violents affrontements de jeudi dernier devant le Parlement, où les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau face à des jets de projectiles. Le bilan fait état de quinze policiers blessés et de vingt-cinq arrestations au cours de cette journée qui a rompu le caractère jusqu'ici pacifique d'une mobilisation citoyenne historique.
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Nées en mai après l'apparition de barbelés et de bulldozers sur le littoral, les tensions cristallisent la colère face à un mégaprojet de luxe porté par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, au cœur d'une zone naturelle protégée. Les slogans initiaux ont rapidement laissé place à des revendications plus larges, les foules réclamant désormais le départ du Premier ministre socialiste Edi Rama avec le cri de ralliement "Nouvelle Albanie".
Cette crise environnementale et politique s'inscrit dans un climat de profonde défiance institutionnelle, exacerbé par de récents scandales financiers au sommet de l'État. Plus tôt cette année, des émeutes similaires avaient déjà contraint la vice-Première ministre Belinda Balluku à la démission pour des soupçons de corruption, sans pour autant apaiser la colère de la rue.