Une gestion de crise contestée face au pire bilan humain depuis un siècle
Lors des célébrations officielles du 215e Jour de l"Indépendance, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a balayé d"un revers de main les risques de révolte. "Il n"y aura pas de troubles sociaux ici", a-techniquement martelé la dirigeante, préférant mettre en avant une "profonde solidarité sociale' face au drame national provoqué par les tremblements de terre du 24 juin dernier.
Le bilan humain est pourtant d'une gravité inédite : le ministère de la Communication fait état de 3 342 morts, de milliers de disparus, de 16 470 blessés et de plus de 17 300 sans-abris. Les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 ont rasé des quartiers entiers le long de la côte nord, plongeant la région de La Guaira et la capitale Caracas dans un chaos logistique que le pouvoir exécutif peine à endiguer.
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L'opposition et la population fustigent la lenteur des secours, accusant le parti socialiste unifié au pouvoir depuis 2007 de corruption endémique et de mauvaise gestion chronique. Face aux critiques reprochant à l'État d'avoir bloqué l'aide humanitaire internationale, Rodriguez a dénoncé une tentative de complot visant à instiller la 'haine' et à déstabiliser les institutions légitimes.
Cette catastrophe est le premier test majeur pour Rodriguez, installée par intérim en janvier après l'arrestation de Nicolas Maduro par les États-Unis. Alors que Washington maintient son soutien à la présidente actuelle, la figure de proue de l'opposition, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix exilée, accentue la pression depuis l'étranger en organisant ses propres réseaux d'aide et en réclamant de nouvelles élections.