Un siège de dix-huit mois et une infrastructure civile à l'agonie
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a tiré la sonnette d'alarme vendredi lors d'un débat d'urgence à Genève. Il exhorte les dirigeants mondiaux à se mobiliser pour éviter un bain de sang imminent à El-Obeid, la capitale stratégique de l'État du Kordofan du Nord. Cette mise en garde intervient alors que les forces paramilitaires s'apprêtent à lancer un assaut massif contre la ville.
Depuis le début du conflit en avril 2023 entre l'armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), cette agglomération de 500 000 habitants, qui abrite également 100 000 déplacés internes, subit un blocus asphyxiant. Les récents bombardements menés par des drones paramilitaires ont délibérément ciblé la centrale électrique principale et les dépôts de carburant, privant la population d'électricité et paralysant les stations de pompage d'eau potable.
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Les données publiées par le bureau des droits de l'homme de l"ONU révèlent un bilan effroyable : entre le 6 et le 28 juin, au moins 15 attaques de drones ont coûté la vie à 45 civils et fait 41 blessés. "Ce n'est pas un exercice. C'est une alerte rouge qui doit atterrir sur le bureau des chefs d"État", a martelé Volker Türk, insistant sur le fait que les téléphones de la diplomatie mondiale devaient s'activer sans délai pour briser l'inertie.
Devant la gravité de la situation sur cet axe routier névralgique reliant le Darfour à l'est du pays, la pression internationale s'accentue. Le Royaume-Uni et plusieurs pays européens à l'origine de cette session extraordinaire préparent désormais un projet de résolution contraignant qui sera soumis au vote des 47 États membres du Conseil des droits de l'homme afin de tenter d'imposer un corridor humanitaire.